lundi 25 juin 2012
La lumière céleste
Lors d'une récente sortie photo, je me mettais en quête d'oiseaux différents, des oiseaux qui changent du quotidien. En cela le spot était parfait. Je délaissais alors mes vertes contrées, pour explorer de vastes étendues de sable et de vase. Seule ombre au tableau, la présence en quasi continue d'une nuée de touristes qui arpente les plages dans tous les sens.
Je ne disposais que de deux heures d'observations et décidais de tenter ma chance dans l'endroit le plus près. Cet endroit n'était pas le plus intéressant à mes yeux, mais il avait l'avantage d'être tout près. Je me garais sur un petit bout de parking qui était curieusement désert. Le temps variable, nuageux par moments, avait dû dissuader la plus grande majorité des promeneurs.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque qu'au bout du chemin menant à la plage je vis... Rien... Ou plutôt personne... Il n'y avait personne sur la plage, pas âme qui vive... On distinguait à peine un pêcheur à pied au loin, se courbant pour dégager sa pitance du sable.
C'est si rare de se retrouver seul dans un endroit aussi fréquenté. Le vent créait de petites vaguelettes. Ce vent persistant depuis quelques jours devait probablement déranger les limicoles. En effet pas un limicole à l'horizon. Seules quelques aigrettes garzettes fouillaient le sable, retournant de temps en temps des algues brunes.
Le ciel nuageux était menaçant, laissant présager des averses à chaque instant.
Le soleil finit par percer timidement l'épaisse couche nuageuse, laissant entrevoir quelques rayons, sans pour autant dévoiler pleinement le soleil. La lumière se reflétait comme une multitude de petits miroirs sur les crêtes des vagues, créant ainsi une atmosphère mystérieuse, comme annonçant la fin du monde, ou bien au contraire une renaissance.
La seconde hypothèse fut la bonne, les aigrettes semblaient renaitre du sable tels des phoenix, magnifiant leur livrée immaculée. Leur grâce était sublimée par cette lumière qui venait de partout, du ciel comme des reflets de l'eau. L'atmosphère était presque indescriptible. Quelques mots ne peuvent suffire à rendre compte de la magie lumineuse.
Les aigrettes et les mouettes déambulaient majestueusement sur les bancs de sable, tandis qu'un pipit maritime entamait ses acrobaties le long de la côte.
Seul un lapin de garenne ne semblait pas apprécier ce moment. Il était là, assis entre les rails de chemin de fer jouxtant la plage. Il regardait d'un air vague son avenir s'assombrir. Pas de chance, aucun train à passer ce jour... Il finit par se résigner et par continuer sa vie tranquillement.
À peine retourné vers la plage, je ne put que constater que la magie s'était rompue, des touristes venant d'investir les lieux et surtout, la lumière divine s'était éteinte, laissant place à un beau soleil encore précaire. Les aigrettes quant à elles continuaient à déambuller sur leurs longues pattes, comme si rien ne s'était passé. Étaient-elles habituées à ce type de phénomène, ou ne l'avaient elles pas remarqué? Les aigrettes n'étaient-elles pas les messagers providentiels de la lumière.
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Excellent le récit. Je m'y croyais.
RépondreSupprimerJe t'y aurai bien invité, mais il n'y avait de la place que pour une seule personne.... Ce que je suis diabolique! Houahahahaha...
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