dimanche 3 juin 2012

Le Tarier Pâtre



Tarier Pâtre
Saxicola rubicola


Mai qui peut bien faire se bruit qui ressemble au chant métallique d'un insecte? Serait ce ce petit oiseau, là bas perché sur une ronce?
Le Tarier pâtre est un petit oiseau commun dans nos contrées. Ses couleurs et sa taille lui permettent de passer très souvent inaperçu. Pourtant il vaut le coup d'être observé. Une petite halte s'impose lors des premières ballades printanières.


Description


Passereau de la taille d’un petit rouge gorge, à la tête noire et au fin liseret blanc dans le cou. La poitrine est plus ou moins rousse selon les individus. La femelle est beaucoup moins colorée pouvant paraitre fade par rapport aux couleurs bien nettes des mâles. Une bande blanche est très clairement visible sur les ailes. La queue quand à elle est totalement noire et le croupion pâle.
Une confusion est possible avec le Tarier des prés, surtout lorsqu’il s’agit des femelles. Pour les différencier à coup sûr, il suffit de regarder la façon dont est tachetée la base de la queue, là ou les rectrices rejoignent le corps de l’animal. En effet la femelle du Tarier des prés est beaucoup plus tachetée que la femelle pâtre a cet endroit.
Comportement spécifique
Aucun oiseau n’a été vu durant toutes les observations au sol, l’animal se perche toujours sur quelque chose.
Dès que le cris d’alarme du Tarier est lancé, la panique, dans la petite troupe cohabitante, gagne rapidement du terrain. Les individus mâles semblent les plus chanteurs et paraissent occuper les positions les plus hautes dans les zones étudiées.

Zone étudiée


Une zone de bordure de bocage avec une haie de ronces et de jeunes saules. Cette zone est très ensoleillée, du matin au soir. La population y est d’environ une demie douzaine d’individus, avec une majorité de femelles.
Une seconde zone de bois bordée par de vastes champs de blés, ensoleillée seulement du matin jusqu’en milieu d’après midi. La population se limite à un couple reproducteur installé le long d’une route.
Une troisième zone constituée seulement de cultures mixtes: orge-colza. L’ensoleillement y est optimal durant toute la journée. L’effectif est ici d’une dizaine d’individus avec une majorité d’individus de type mâle.
Petit passereaux de la taille d’un rouge gorge, il affectionne à la saison des amours les haies buissonneuses bordant les champs.
Le mâle se pare à la saison des amours d’un masque noir sur la tête, laissant paraitre un oiseau très sombre lors d’observations rapides.




Habitat


Son environnement de vie semble être les interfaces entre les différents milieux:
- Les haies bocagères séparant les champs des chemins creux.
- Les fils électriques bordants les cultures de blés.
- Les lisières de bois broussailleux bordants les cultures de graminées.
Ses emplacements de chants son systématiquement conditionnés par la présence d’un fort ensoleillement tout au long de la journée. La moindre zone d’ombre présente sur un lieu d’observation est en très grande majorité boudée par les tariers pâtres.
De ce fait on peut donc considérer que le Tarier n’affectionne que très peu les zones humides, préférant de loin les zones seiches de type broussaille ou landes.
Leur espace vital est relativement réduit et semble se cantonner à quelques centaines de m² par couple.


Chant


Un étonnant chant consiste en un "craquement", répété plusieurs fois dans une même phrase. Les phrases peuvent être relativement rapprochées. Ces craquements pourraient faire penser à de gros insectes. Un autre chant plus commun est entendu sur les postes de chants habituels.
Les postes de chants sont toujours positionnés en hauteur par rapport à la moyenne des hauteurs de l’environnement:
- Au plus haut de la ronce dans la haie bocagère, ou sur l’arbuste dominant cette même haie.
- Sur un fil électrique lorsque le milieu borde une culture.


Sociabilité


Les tariers pâtres semblent s'accommoder des autres espèces.


-Dans la haie bocagère on y retrouve par exemple une douzaine de chardonnerets élégants ainsi qu’une femelle de Tarier des prés. Seuls les étourneaux arrivent de par leur taille à chahuter lors des courtes cohabitations. J’ai même pu voir sur une même branche 2 chardonnerets entourant un mâle de Tarier.


-Dans la zone de cultures la cohabitation avec les hirondelles rustiques à l’air de se faire sans aucun problème, mais les zones de vol semblent clairement définies: les tariers se cantonnent dans un faible périmètre en haut des tiges de colza tandis que les hirondelles rustiques font du vol à voile sur presque toute la surface du champs.
L’oiseau est par contre très méfiant en ce qui concerne la présence humaine, il a une distance de fuite très grande. Son identification n’est donc pas aisée. Ce problème d’identification est amplifié par ses emplacements de chants extrêmement ensoleillés. Dans la plupart des cas l’oiseau est d’abord reconnu à son chant avant de pouvoir le déterminer visuellement.


Vol


Vol peu caractéristique. Les vols sont de faible distance, préférant aller et venir d’un côté à l’autre de la haie, de ronce en ronce, sans pour autant traverser le massif de ronce en une seule fois. Lorsqu’un observateur est proche, le Tarier s'envole pour se reposer quelques ronces plus loin, mais toujours bien en vue sur une ronce haute. C’est seulement si l’observateur insiste trop lourdement que le Tarier quitte son gîte pour des arbres non loin et plus sécurisants.
Pour éviter de s’envoler à l’arrivée d’un intrus, le Tarier a la possibilité de rentrer au plus profond du roncier. Il se tient alors immobile, invisible. Il peut alors rester un bon quart d’heure dans cette position avant de refaire surface et de se réinstaller sur une position plus haute.
La fuite lors des dérangements se fait souvent en duo, voir même en groupe entier. L’envol d’un des individu entraine l’envol du reste du groupe.








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