samedi 16 juillet 2011

Le cerf, le druide et le loup.

Le 11 mars 2011, 

Lors d’un dimanche de fin d’hivers, je me décide à aller voir dans les gravières de Rennes où en sont les couvées précoces de grèbes huppés. Arrivé sur place je me déplace à pas de loup le long de la haie d’arbres bordant la gravière et me place face au supposé nid. En effet quelques dizaines de minutes plus tard, un grèbe vient sur l’aire où l’on pouvait clairement distinguer 3 œufs. Après quelques minutes d’observation à travers la végétation, je me retire silencieusement sans que les grèbes n’aient pu deviner ma présence. 
Je décide alors de poursuivre mon exploration de la zone et me dirige vers 2 autres gravières.
J’entraperçois une grosse souris rousse traverser le chemin quelques 20 mètres devant moi. N’y prêtant que peu attention, je continue quelques pas et me fige soudain. La «souris» est sur ses deux pattes arrière, me regardant au loin. 
Je me rends compte qu’en fait ma « souris» est une belette
Je déplie ma longue-vue sans grands espoirs qu’elle n’ait pas filé. Elle n’a pas bougé d’un pouce, la petite belette m’observe sans pour autant me craindre ou fuir. Je me rapproche et soudain elle disparait dans les herbes bordant le chemin. Je continue mon chemin en essayant de mémoriser son emplacement. L’ayant dépassée, je me retourne et la vois faire un aller-retour sur le chemin. Elle est très certainement en chasse.
Je me rapproche très lentement d’elle, elle vaque à ses occupations avec toujours un œil sur moi, se redressant sur ses pattes arrière, détaillant chacun de mes mouvements. Je m’accroupis dans mon grand manteau camouflage, faisant ainsi disparaitre mes jambes et la partie basse de mon visage.
Elle est maintenant à moins d’un mètre de moi, de plus en plus agitée, mais sans paraitre me craindre. Tout à coup elle disparait plus d’une minute et ressort de son terrier avec un petit qu’elle va mettre à l’abri dans une touffe d’herbe non loin. Elle recommence son manège par deux fois.

Je me dis alors que j’ai très certainement dépassé la limite de dérangement de l’animal, ma présence aura peut-être influé sur sa destinée. 

Cette limite est très difficile à cerner, elle varie d’une espèce à une autre et d’un individu à un autre. 

Observer la nature au risque de la déranger, une conséquence déplorable de notre activité. 

Mieux vaut se contenter d’une image lointaine  que d’un portait destructeur.

Je rentre alors des souvenirs pleins la tête en espérant secrètement la revoir un jour … sans la déranger

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