samedi 23 juillet 2011

La billebaude parfaite.

Lors d’un après-midi de printemps, revenant du travail, je découvris chez moi mon collègue de crapahute, qui avait décidé de ne pas travailler ce jour-là. Je lui proposais une petite sortie rapide autour de chez moi. Après quelques dizaines de minutes de marche nous arrivions devant un champ de blé bordé de forêts et d’une route. Je souhaitais juste lui montrer l’endroit où la veille j’avais vu un magnifique brocard avec des bois particulièrement développés pour l’espèce ils (dépassaient les 30 cm). J’avais pu l’approcher à une trentaine de mètres sans l’effrayer.

Je lui fis découvrir le spot sans plus de conviction, seulement pour lui montrer la configuration du champ, apriori idéale pour l’observation de ce grand mammifère.
Je scrutais le champ, sans grands espoirs et finis par découvrir aux jumelles un rang de blé qui bougeait plus que les autres. Je voulus montrer le sillon à Antoine à l’œil nu, mais je perdis la trace. Je repris mes jumelles et découvris une paire d’oreilles qui dépassait du blé, ne semblant pas regarder dans notre direction. Il était alors probablement à plus de cinquante mètres.
C’est alors que commença une longue approche, qui me sembla durer une éternité mais qui n’a pu durer qu’une dizaine de minutes. Dans des situations comme ça on a tendance à oublier la montre…
Les deux compères accroupis le long de la route, avançant à pas de loup. Arque boutés, pour ne pas dépasser la hauteur du blé. Notre seul avantage était alors le sens du vent, nous avancions avec un vent de face. Point de tenue camouflage.
Nous nous arrêtions de temps en temps pour qu’Antoine puisse prendre quelques photos. Le bruit du déclencheur de l’appareil photo semblait attirer l’attention du chevreuil. Puis il replongeait dans son champ de blé pour manger tout en avançant vers nous. Nous étions maintenant tout proche de lui, il était devant nous le long du fossé; nous, juste sur le bord de la route, recroquevillés. Il finit par nous voir et prendre peur en traversant la route, dans un style pas très catholique ni très élégant.

Nous avons, avec mon comparse Antoine, été jusqu’à mesurer la distance qui nous séparait au plus près du chevreuil : 9 mètres un record pour nous. Certains se sont sûrement rapprochés bien plus près, mais l’adrénaline procurée est énorme à cette distance.

Quelques photos souvenirs, mais surtout des images plein la tête.

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